Mon DU photographie de nature et d’environnement à l’IFFCAM
Dans la jungle des formations qui se multiplient sur internet, il devient compliqué de faire le tri. L’explosion des formations éligibles au CPF a encore plus accentué cette tendance.
Vouloir se former c’est top, et c’est même indispensable. Mais quitte à y passer du temps (et soyons clairs, de l’argent…) autant ne pas se rater dans son choix. J’ai suivi plusieurs formations, certaines en ligne, d’autres en présentiel.
Dans cet article je vais vous parler du DU Photographie de Nature et d’Environnement, organisé conjointement par l’université de La Rochelle et l’IFFCAM (institut francophone de formation au cinéma animalier de Ménigoute).
L’IFFCAM
Formation continue
A la différence de la plupart des formations actuelles, celle-ci a lieu en « formation continue ». Qu’est-ce que cela signifie? Les cours ont lieu à l’école, 3 jours par mois, chaque mois de Février à Juin, avec une soutenance (oui oui, une soutenance) en Juillet pour valider la formation.
Cela signifie que l’on a de vrais formateurs, avec qui l’on peut échanger, pendant les jours de cours, mais aussi par mail / téléphone en dehors de ces périodes.
Dans ma promo nos deux formateurs étaient Bruno Dubrac (chef de rubrique pour la revue Image & Nature) et Catherine Levesque-Lecointe (journaliste, écrivain, community manager, SEO…).
Des intervenants variés
L’autre (gros) avantage d’une formation dans une école (réputée) comme l’IFFCAM, c’est le réseau et la variété des intervenants lors des différentes journées sur place.
Au cours des différentes sessions, nous avons pu échanger avec des personnes de la Salamandre, avec une éditrice de chez Delachaux et Niestlé. Nous avons rencontré plusieurs photographes pro, nous avons pu échanger sur la réalité du métier.
Nous avons passé une journée complète à appréhender la photo d’herpétologie avec Mathieu Berroneau.
Nous avons aussi eu la chance d’être accompagnés lors de nos 3 jours de terrains à la réserve ornithologique du Teich par le photographe pro Nicolas Van Ingen.
Image prise lors de l’intervention de Mathieu Berroneau
Un stage sur le terrain
Malgré cette année de formation compliquée à cause de la crise du Covid, l’école a pu malgré tout maintenir notre stage de 3 jours au sein de la réserve ornithologique du Teich.
Ces 3 jours avaient pour but de développer in situ nos capacités photographiques. Pour cela nous étions accompagné par un photographe pro, et nous avons eu aussi accès à la réserve (bien) avant l’heure d’ouverture au publique.
La période à laquelle se déroule cette immersion coïncide avec la migration et la reproduction de certaines espèces. On peut donc observer et photographier les combats ainsi que les parades de certaines espèces (échasses, milans, avocettes, gorges bleus…). Certains ont même observer des renards!
Le milan au petit matin, dans la réserve ornithologique du Teich
Un projet tutoré comme fil conducteur
Le vrai plus c’est que l’ensemble des cours s’articulent autour d’un but principal : le projet tutoré à présenter en fin de formation en soutenance.
C'est un sujet libre de type reportage. Nous devons donc faire les photos qui composent l’article, mais aussi écrire le texte qui va avec. Les cours abordent donc énormément tout ce qui touche à l’écriture journalistique, la rédaction web, les réseaux sociaux, comment mener une interview… Et on apprendra aussi des notions de mise en page (avec InDesign).
Le sujet étant complètement libre, on peut très bien produire une enquête sur un sujet qui nous tient à coeur, ou bien faire quelque chose de plus contemplatif (comme je l’ai fait).
Mon travail de DU est visible ici : https://issuu.com/romaingautier/docs/du_iffcam_romain_gautier
Ce que j’ai aimé?
J'ai vraiment apprécié de pouvoir échanger en direct avec les formateurs. Clairement c’est la grande force de cette formation par rapport aux formations en ligne.
Le côté journalistique a pu rebuter certains membres de la promo, personnellement il faisait parti des principales raisons qui m’ont poussé à m’inscrire.
Le projet tutoré est un vrai plus à mon sens. Il permet de sortir de la formation avec un projet quasi pro qui est un jolie premier projet à présenter dans un book.
L'émulation d’une promo avec des « vraies » personnes que l’on rencontre chaque mois est aussi un vrai plus dans le développements des compétences et que l’expérience de chacun peut apporter aux autres.
Les terres de l’IFFCAM offrent un terrain de jeu formidable pour tout photographe naturaliste en herbe, avec de multiples types d’environnements, de possibilités d’affûts, de diversité biologique…
Ce que j’ai moins aimé?
J’aurai aimé plus de pratique pendant les périodes à l’école, en particulier sur la mise en place d’affûts (comment arriver sur le spot, où s’installer, comment bien choisir son endroit, comment faire un repérage utile avant les séances de prise de vue) et un peu plus de temps consacré à l’éditing (la composition cohérente d’une série ainsi que sa retouche).
Mais, comme nous étions la première promo, chaque stagiaire a fait un compte rendu personnel avec en particulier un focus sur les points qui pourraient êtres améliorés par l’école.
Et je sais de sources sûres que nos demandes ont été entendues. Un nouvel intervenant sera présent pour mettre en place (beaucoup) plus de pratiques lors des sessions à l’école. Un module plus approfondi sur Lightroom sera également mis en place.
Est-ce que je recommanderai cette formation?
Sans hésitation oui. Et ce même si l’on a déjà de la bouteille en photo. L’école, les intervenants, l’émulation d’une promo (ok, nous étions une bonne promo et le courant est bien passé entre nous) ça change vraiment tout par rapport à une formation seul, chez soit, à regarder des vidéos.
Le projet tutoré est également un vrai catalyseur pour nous faire sortir de notre zone de confort!